Il y a des Noëls qui se font habitude, d'autres tendresse, d'autres encore, comme celui-ci, qui ne font rien...ils se contentent d'être: La réunion de famille bêtement, mais dans la chaleur d'"être" précisément une famille. Le jour des cadeaux, dont on se dit chaque année qu'ils coûtent vraiment trop cher, qu'on ne nous y reprendra plus, que c'est la crise, mais c'est la même magie de papiers colorés à froisser, de surprises à déballer et c'est souvent moins le contenu que l'intention qui renferme le trésor. Le sapin scintillant, qui déjà perd ses épines et donc je jure que ce sera le dernier, le dernier "vrai", ou alors qu'il sera plus petit, ou dans un pot avec des racines pour le garder année après année; Etre pour chacun dans son coeur un zeste de morosité,une ombre qui passe comme un battement de cils furtif sur quelques souvenirs enfouis,le regard ou l'intonation d'un enfant qui réincarnent un instant ceux qui nous manquent dans une fugace ressemblance . Le repas traditionnel, avec sa dinde à partager, cette foutue dinde qui revient comme un destin fatal, une obligation complice, une tradition à laquelle tous se soumettent par choix à moins que ce ne soit par superstition.Plus de dindeau repas, ce serait un peu tuer Noël. l'étranger voyageur, qui au détour d'un chemin de vie se retrouve seul , les pieds mouillés dans des petits souliers sans cheminée pour y déposer rêves inutiles ou réels douloureux . Celui-là n'est ni le plus triste, ni le plus joyeux, non, il est là, simplement ,dans une parenthèse , une repiration, un répit, au coeur d'un peu d'amour à partager. Alors, dans ce Noël qui se contente d'"être", moi, je "suis" ....bien! Je ne crois en rien: Dieux et Diables sont en chacun de nous, le meilleur et le pire de l'homme. Ma fragile humanitude,c'est tout ce que je possède pour les Noëls vécus et ceux qui je l'espère me restent encore à découvrir. |