Je devrais être en joie, je devrais éprouver un soulagement dévastateur. Mais, rien !!! Je n'éprouve rien qu'un grand silence interdit. J'ai haï cet homme du plus profond de moi, d'une haine qui se nourrit seule au fil des années, qui s'auto-entretient, d'une haine qui couve sous la braise du temps et qui devient compagne, complice... ordinaire. L'homme est mort ! Il est mort vieux. Il est mort !!! il a même réussi ça. Moi qui ai toujours cru les démons immortels , je grandis un peu plus d'un frisson d'éternité ... Je me sens bien seule avec ce gros sac vide désormais. Mourir n'offre décidément ni le pardon, ni l'oubli. "Il "n'est plus, mais la blessure reste, à jamais ouverte sur le néant. Tout ce mal adressé n'a aujourd'hui plus de destinataire. Je me rend compte brutalement, avec une acuité aiguë ,que ce mal, c'est en moi qu'il se trouve et nulle part ailleurs! Ce mal qu'on m'a fait est devenu une intime particule d'ADN La haine m'a permis de construire des forteresses dont il me reste à desceller pierre par pierre l'inutile édifice.... Sur le quai d'une gare, une lourde valise au bout de chaque bras, j'attend, tranquille ,le train de nulle part qui les emportera. |