05/09/2003

La reine "mère"

La mère, la mienne, entre autres,à partager.
A partager sans partage d'amour.
MA mère!!!
Pourquoi, maman, suis-je encore en colère envers toi, pourquoi?
 
A chaque anniversaire de ta mort, je viens de fêter mon anniversaire ( de vie ); Comme si ma naissance et ton décès avaient un lien secret , mais si fort...
Tu nous as quittés sans un mot, sans prévenir,sans m'avoir jamais laissé la moindre chance, sans une explication,sans m'avoir jamais dit que tu maimais.
Tu sais : J'en avais besoin !
Toi, tu étais trop fière.
Toi, tu n'aimais que toi.
J'ai été une intruse dans ton corps, une marque indélébile et sale.
Je suis sortie de ton ventre avec si peu de vie et, déjà tellement d'obstination, que j'ai survécu.
Depuis, c'est toi qui m'as donné la force, la force noire de l'instinct, le goût de la rébellion, du défi.
Tu m'as insufflé l'orgueil et il a soudé mon squelette.
Oh, maman, pourquoi ne pouvais-tu pas tout simplement m'aimer, me donner un peu de tendresse?
C'était pas ma faute à moi si ton mari te tapait sur la gueule.
C'était pas ma faute si t'es partie avec ta gamine de 6 ans, si t'as dû travailler dur, si elle n' a même pas été reconnaissante ( tu parles: elle a commencé à fuguer à 15 ans, vendu tes vêtements, s'est tirée avec l'un ou l'autre  géniteur de passage, est revenue avec le fils que tu n'as jamais eu,et, comble de tout, te l'a déposé comme un paquet cadeau ) .
C'était pas ma faute, si tu as installé  ce petit-fils, ce fils tout court, dans mon futur berceau, à l'époque où , en toi, je commençais  à bouger, te rappelant, oh, horreur, que le vers était dans la pomme, que t'avait 40 ans bien sonnés et, que l'avortement ignorait encore qu'un jour il serait légal.
C'était pas ma faute si la honte de la famille que tu portais, c'était moi.
Mais c'est quand même moi, qui suis sortie de toi, en cachette, dans la cellule le la mère Luth, sage femme  devant Dieu.
C'est quand même moi qui suis sortie  sans  voix, étonnée, étranglée, épouvantée....
Je n'avais pas beaucoup de place dans tes scénari de vie, donc pas beaucoup d'existence.
Mère Luth s'est acharnée sur ce nouveau-né : on ne meurt pas, ou sinon, au moins baptisé .D'eaux chaudes en eaux froides, de claques sur les fesses en claques dans le dos, jai enduré toutes les tortures de la réanimation de l'époque sans broncher.
Avant de me souffler dans la gorge, en désespoir de cause, la fumée de la cigarette qu'elle venait d'allumer ( on peut être à la fois nonne, fumeuse et passablement dépassée), j'ai reçu le baptème et l'extrème onction en "one shot".
Je dois la vie au tabac ! et à mère Luth. ( j'ai d'ailleurs rencontré cette femme étonnante . Je l'ai vue plusieurs fois, puis ,sa congrégation l'a exilée dans un couvent pour indiscipline. J'ai envoyé des lettres, la dernière m'est revenue...c'était en 1965 ).
A toi, maman, je dois tout le reste !
 
 
NB: que ceux qui pourraient croire que cette histoire n'est que pure fiction, surtout qu'ils continuent.....
Il n'est de plus grande fiction que la réalité, mais, je dis ça.....
 

00:20 Écrit par Muffy | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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