07/11/2003

Vivre, c'est mourir un peu...

 

 

 

 

n      J’ai compris que j’ai le droit de mourir sans que cela bouleverse vraiment…

Oui, j’ai compris…j’ai senti aussi récemment, dans mon corps qui, un moment, s’en est allé hors contrôle, tirer du côté de mon myocarde une sonnette d’alarme.

J’ai senti et mesuré combien c’est vivant la mort qui s’approche, qui se rappelle à toi, qui te re- précise ta condition précaire d’humain, combien c’est vivant la mort qui  prépare ta part d’humus universel à repartager au pied de l’arbre avec la terre et le cosmos.

 

 L’évolution de notre espèce  nous a rendus conscients de l’évidence de la mort.

Je pense  que c’est la raison de toutes nos folies et de tous nos génies, des délires de nos imaginaires assoiffés d’équilibre, de nos émotions en quête d’amour ,de confiance, de havre, sans cesse à la recherche du soi-immortel et comblé, du « soi » total, perdu à jamais au seuil de la naissance….

Nous croyons tous désespérément à quelque chose,

Un Dieu, une philosophie, des valeurs….

Dans tous les cas de figure , nous admettons l’idée de la mort, mais au travers de cultes ou de manifestations diverses de foi en la Vie , en la pérennité de la Vie , et certains même, en l’éternité.

 

Moi, j’essaie de croire en l’homme,  en ce crétin d’homme et au  « bon-homme » qu’il y a parfois dedans….mais ,il faut s’accrocher !!!

 

Tout cela , ce sont encore des expressions de foi dans la Vie.

 

Et pourquoi pas croire en la mort, avec elle au moins pas de surprise, pas de discussion, pas d’échappatoire.

C’est du garanti définitif, efficace, universel.

Cela peut enfin mettre tout le monde d’accord.

 

Pourquoi ne pas pouvoir y croire ?

 

Sans doute parce que c’est en apprenant à en mourir que j’apprend à devenir un être humain.

Sans doute parce qu’à travers une inexorable peur se construit en moi une fondamentale force.

Un jour, j’aimerais cesser de trembler, j’aimerais apprendre la paix.

 

Accrocher, jour après jours, au fil de vie qui se détricote lentement ,     la saine colère de celle qui refuse d’accepter sa part d’ « in-permanence »,  c’est un combat déloyal, inutile, mais, c’est une étape  nécéssaire.

Accepter cette part, c’est renter dans l’humanité.

 

Mais c’est justement jusqu’au bout de ce petit mot « fin », que chacun s’en va avec beaucoup de bravoure, une merveilleuse d’inconscience obligée, et surtout , presque paradoxalement, avec la lucidité lumineuse de l’évidence :

Tous, croyants ou non, nous pouvons conjuguer :

-         je sais que je vais mourir

-         tu sais que tu va mourir

-         il sait qu’il va mourir

-         nous savons que nous allons mourir

-         vous savez que vous allez mourir

Ils savent que telle est La Loi des hommes : notre finitude.


18:40 Écrit par Muffy | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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