30/06/2005

Bonne route

Curieuse impression !!!
 
Les examens sont finis, les délibés ont eu lieu, les étudiantes sont parties....
 
Comme chaque année, j'ai été submergée par l'émotion de la proclamation, parceque , comme chaque année, je vois mes "poussins" devenus grands, lisser leurs plus belles plumes avant de prendre la route , la vraie, celle de leur destin.
 
Et pourtant,
Quel chemin elles ont accompli en quatre ans d'études ( davantage pour certaines).... que d'histoires personnelles, que de distance parcourue vers soi- même, vers plus d'assurance, de mâturité, de générosité, de remise en question...
Que de distance parcourue aussi à les accompagner dans l'initiation à ce métier de sage-femme, pas à pas, dans les tourmentes des doutes, de la fatigue, des dures lois de l'apprentissage, des pièges de la découverte, des mirages de la confiance en soi, de l'utopie de la maîtrise de son art.
 
Je les ai vu grandir, je les y ai probablement aidés quelque part...
 
J'ai guidé leurs premiers pas dans la naissance, j'ai ceuilli leur regard illuminé devant  ce miracle de la vie accompli pour la première fois, j'ai lu la première émotion ,et la première fierté  sur leur visage....
J'ai été leur complice,leur mère de substitution, mais aussi la gardienne du savoir rigoureux et du respect inconditionnel de l'autonomie des femmes , des couples et des familles .
 
J'ai sanctionné, critiqué, argumenté, râlé, exigé, je me suis mise en colère, j'ai pesté, fulminé, engeulé....
J'ai consolé,écouté, soupiré, douté, encouragé, j'ai tenté de comprendre, j'ai fait confiance, protégé, défendu, cru, espéré...  
J'ai souri, j'ai ri, beaucoup ri.... et maintenant je vais peut-être  pleurer encore un petit peu, car elles me manquent déjà.
 
Cet après midi, on s'est serrés très fort dans les bras, toutes.
On a mélangé nos émotions et nos larmes, libres enfin des carcans institutionnels ou scolaires .
 C'est dans mon coeur que j'ai acceuilli mes désormais jeunes collègues dans le monde très privé des sages-femmes.
Je les ai trouvées touchantes, rayonnantes, belles, très belles, comme des soleils à peine éclos mais déjà très haut dans l'azur.
 
Je suis fière de vous les filles,
merci pour tout ce que vous m'avez apporté, merci pour toutes vos richesses,
Je vous garde là-dedans, au creux de mon affection.
Bonne route

03:14 Écrit par Muffy | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

17/06/2005

Parenthèse


 
 
 
 
 
 

 
Pas vraiment le temps, pas l'envie non plus, pas d'énergie....
 
J'ai l'impression d'être en panne, de fuir de partout, de me vider comme l'eau du bain vers l'anonyme,l'usagé.

Pas vraiment le moral, pas vraiment triste non plus, pas d'éveil...
 
Je suis éteinte.
 
Ouf !
 
Et surtout, surtout, ne rallumez pas, pas tout de suite !!! 
 
 

19:29 Écrit par Muffy | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

13/06/2005

Le soir d' Avant

 
Ce soir est difficile pour moi, car je suis là bêtement devant mon insondable impuissance à tapoter des mots inutiles ...sans doute pour me rassurer, à défaut de pouvoir le rassurer, lui, mon petit grand bonhomme de fils de 32 ans, lui, tout seul en ce moment dans son lit d'hôpital, tout seul en attendant demain .
Demain il subira son intervention chirurgicale, et puis après ce sera fini.
Après, on sera tous là , les amis , les copains, le frérot, le papa, ma Kaya et moi, et aussi les collègues de tous poils plus ou moins proches où lointains...on sera tous là pour lui tenir la main, vérifier le débit de la perf, lui donner à boire, le faire rire, mais pas trop, lui apporter des petits cadeaux de préférence débiles, rien que pour le réconforter....
Après on sera tous là pour noyer notre angoisse dans ses yeux et lui pour soulager la sienne dans les nôtres.
Ce soir, ni lui ni moi ne sommes dans l' "après" mais dans l' "avant", innommable , insupportable "avant" qui n'en finit pas de prolonger les ombres de la nuit.
Ce soir, on se téléphone et on se dit :
- ça va aller Mams t'inquiète pas.
- ça va aller mon grand, je t'aime tu sais.
- moi aussi Mams.
- qu'est ce que tu fais?
- les exam de routine, prise de sang, visite de l'anesthésiste.
Je regarde un dvd, j'en ai reçu des tas, mais chuis fatigué, je pense que je vais dormir.
- tu vas sûrement recevoir un somnifère.
- sais pas, encore rien vu venir.
- finalement une bonne cure de sommeil ça fera du bien à ta vie de patachon
- c'est vrai que je suis en manque de ce côté là .
- bon!! dors le mieux possible, mon chéri. A demain
- à demain Mams dors bien
- je t'aime fort tu sais
- moi aussi Mams.
 
 
Je voudrais lui dire tellement d'autres choses, mais , pour ces choses les mots sont trop étroits.
Je sais qu'il a peur, peur de l'opération, du diagnostic, de l'avenir, de la douleur aussi.
Il sait que je perçois bien ces choses, mais il est pudique et fragile.
Se livrer , il le vit comme quelque chose de dangereux, où de socialement peu conforme à un certain machisme et une imprégnation judéo-chrétienne inconsciente mais bien vivante.
Cela peut paraître étrange dans un personnage tel que se sien qui est capable de jeter en pâture sa vie plus que privée sur le net....
 
Moi je pense qu'il ne se livre pas ainsi, il caricature! 
Il se raconte un personnage qui fait partie de lui et qu'il déforme et recompose dans son caléidoscope mental, au gré des ses couleurs d'ambiance de ses états d'humeur, au ryhtme du baromètre de son égo, des paramètres de son bien où mal être.
Il se raconte avec la magie de sa plume aiguë , flamboyante ,riche, dont il a acquis à la fois la maîtrise et la liberté, la magie d'une plume qui conduit avec génie à la suivre , jour après jour les lecteurs envoûtés.  http://journal.skynetblogs.be
 
Mais à l'intérieur, je pense qu'il est autre encore. Je peux me tromper, car connait-on jamais quelqu'un ,fusse t'il son enfant?
Je pense qu'il est plutôt au fond de lui comme cet enfant qui s'exprime dans le texte suivant:
 
" Ne soyez pas trompés par moi.
Ne soyez pas trompés par l'air que j'ai
parce que je porte un masque,
un masque que j'ai peur d'enlever.
Faire semblant est un art qui est ma seconde nature...
Mais ne vous y trompez pas.
 
Ma surface peut sembler lisse mais ma surface est mon masque.
En dessous sourd le vrai moi dans la confusion, dans la crainte, seul, dans la souffrance.
Mais je le cache, je veux que personne ne le sache.
Je panique à l'idée de mes faiblesses, de mes craintes et de ma souffrance exposées.
C'est pourquoi je crée avec frénésie un masque pour me cacher derrière lui.
 
J'ai peur qu'au fond de moi je ne sois rien, que je ne sois rien de bon.
Et que vous le verrez et que vous me rejetterez.
mais je n'ose pas dire cela. Aussi je joue mon jeu, mon jeu désespéré,
avec un masque d'assurance à l'extérieur
et un enfant tremblant à l'intérieur.
Je déteste me cacher. je déteste le jeu superficiel, le drôle de jeu.
J'aimerais vraiment être sincère , être moi.
 
Il n'y a que vous qui pouvez essuyer le vide de mes yeux.
Vous pouvez m'aider dans chaque élan d'amitié spontanée, dans la sincérité de vos sentiments.
Chaque fois que vous me comprenez, que nous nous comprenons,
les ailes commencent à pousser dans mon coeur
Vous pouvez m'insuffler de la vie, car vous pouvez être créateurs de celui qui est en moi,
si vous le choisissez.
Vous pouvez casser le mur derrière lequel je tremble, mes doutes, mes incertitudes.
Vous pouvez enlever mon masque.
 
Une longue conviction de manque de valeurs construit des murs solides.
Plus vous vous approcherez, plus je peux m'échapper. C'est irrationnel.
Je combats et je fuis ce que je précisément je rêve d'obtenir.
Mais si l'amour et la tendresse sont plus fort que des murs solides,
là se trouve mon espoir;
 
S'il vous plait, tentez d'abattre ces murs avec des mains fermes mais avec des mains douces
parce qu' un enfant, c'est très sensible.....
 
Qui suis-je, vous demandez-vous?
Je suis quelqu'un que vous connaissez bien.
Parce que je suis chaque homme que vous rencontrez. Et je suis chaque femme que vous rencontrez "                    
                                                             ( auteur inconnu)
 
A demain donc mon petit Jorael, je t'embrasse.
Et même bien impuissante, je veille , je veille sur toi

02:08 Écrit par Muffy | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

07/06/2005

A ma façon, je l'ai fait...


 

 
Il est parfois des moments d'intensité ,des moments de receuillement, sans loi, sans foi, qui n'appartiennent qu'à l'instant créateur suspendu comme un fil d'émotion ,trait d'union entre deux rives sans retour:
Un appel, une connivence,un souvenir  captif, un grain de sable au creux de la main qui se met à briller  tout seul ,comme un soleil.
Mais c'est un soleil d'ailleurs, de la dimension contractée de la matière brute.

Peut-être écoutez-vous parfois le silence assourdissant des coeurs qui ne battent plus que dans vos veines ,
Peut-être avez-vous aussi envie d'entendre autre chose , comme un clapotis, un tintement, un murmure, un frôlement, un fol espoir...quelque chose de vivant ...
 
Mais c'est le silence pulsatile des coeurs qui ne battent plus que dans vos veines, des coeurs qui se dilatent dans le vôtre jusqu'à l'étouffement
La mort emporte ceux qu'on aime, la mort injuste,
La mort nous emporte tous un jour, la mort avide.
Sur son passage,tellement de place, de vide ravagé, de foi inutile, 
Car,
Elle n'est ni l'oubli, ni l'amertume,
elle n'a pas le bagage du temps
ou le souci des larmes,
elle ne porte que l'absence,
un long cadeau d'éternité...
 
Et elle achète, et elle prend
et elle ne fait pas mal
et elle scelle notre tendresse
et elle nous offre Dieu
et elle emporte notre sourire
et elle efface notre joie
et elle creuse un grand silence
par delà les jours heureux...
 
Et, elle garde dans la bouche
le goût amer de l'impossible.
 
Et les mains pleurent
les joues humides,
et les mains se laissent tomber
au bout des bras...
 
Et, elle réfléchit l'image
au miroir de la vie.
 
Et, elle n'est que l'ABSENCE,
l'amour figé qui nous escorte,
irréversiblement...

Mais si vous écoutez parfois le silence assourdissant des coeurs qui ne battent plus que dans vos veines , si vous avez aussi envie d'entendre autre chose , comme un clapotis, un tintement, un murmure, un frôlement...quelque chose de vivant ...
 
Ouvrez la porte de l'espace à tout ce qui fait si mal , si serré en dedans:
 
"A l'envers des nuages il y a toujours un ciel "
                                                             (Mûhammad Al-Faytûry).

 
Papa, maman, Nanou ma petite soeur,
Vous me manquez !!! le temps n'efface que la peine mais il ne change pas l'amour.
 
Lo mon ptibout , je reste près de toi,avec foi et confiance sur ton chemin difficile,et je t'aime de chacune de mes  fibres de maman.
 
Toi aussi je t'aime mon Titou, si seulement tu savais combien ...si on pouvait s'arrêter pour se le dire plus souvent...

Et toi ma douce Kaya, qui supporte mes extravagances, mes réalités décalées,mes angoisses de mère juive, je t'aime pour ton sourire de connivence , pour le quotidien d'une vie de tendresse à partager sans honte au féminin pluriel .
 
Pour prendre un peu de ta douleur Emi......tout simplement, je t'aime

 

 


 
 



 
 
 
 
 
 



01:46 Écrit par Muffy | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |