17/07/2005

Ma saison de sang


 
 
 
J'entre dans ma saison , celle où je me sens chez moi, comme quelque chose de naturel.
 
J'aime ce passage vers le plus dense de l'été, quand l'univers s'évapore et s'ouvre dans une grande corolle sur les étoiles filantes.
 
J'aime les chants d'oiseau  rares et précieux au creux des heures chaudes, le trottinement furtif du hérisson dans l'herbe haute, la caresse du vent gavé de papillons .
 
J'aime les arômes de mûres , de framboises, de cassis,j'aime les compotes d'abricots et les gelées de groseilles. 
J'aime les embruns du chèvrefeuille lové dans un ronronnement d' abeilles.
 
J'aime le bruissement du blé qui ondoie sous le ciel une crinière d'épis d'un bronze presque doré.
J'aime la brûlure du soleil, la canicule qui pétrifie l'espace  et écrase le silence.
 
J'aime l'orage qui délivre,qui abreuve et qui noie, les foudres qui embrasent et les torrents d'eaux vives.

 
 
J'entre dans ma saison sauvage , dans l'été profond, celui qui déborde de partout, qui ruisselle de lumière.

C'est ma saison, mon havre sans demi teinte.
 
C'est la saison de ma naissance , de la violence écartelée, de l'éblouissement, de la passion acharnée à vivre .

C'est ma  saison de sang , ma maison de démesure.
 

01:30 Écrit par Muffy | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

10/07/2005

Les femmes de Pluie


En guise d'interlude, un petit texte, parmi bien d'autres ,dans le grand potage de mes élucubrations, comme un exercice , un souffle, un autre rythme, et peut-être quelques pensées éparses 
 
Les femmes de pluie
ont des reflets salés,
d'eau, d'algues et de sang d'aurochs.
 
Elles sont d'ici,
elles sont d'ailleurs,
au bout du chemin qui descend
vers la lune pleine .
 
Le jour comme la nuit
exhalent des moiteurs:
les haleines ustensiles
des travaux de l'averse.
 
Les écrasés du monde
y habitent sans voir
les femmes de pluie
qui remontent au couchant
les seaux embourbés
des cuves lessivielles.
 
Le temps comme l'espace
charrient les ondes amniotiques
et les marées d'humains
qui coulent  de leurs flancs .
 
Les rescapés du monde
y  jettent leurs fardeaux :
l'incendie, l'enfant mort,
la faim, la peur , la haine
et les femmes de pluie
dans le vivant humus.
 
 
Les femmes de pluie
sont en moi
ce rivage alluvial
ces parfums de sang noir
vengés à grandes eaux,
débordant à jamais
de mes quêtes d'étoiles.

 
Elles sont d'ici
elles sont d'ailleurs,
au bout de mon chemin
qui descend vers la lune pleine.
 
Les femmes de pluie
ont des reflets d'écume,
de pas poudreux qui passent
sur le sable des dunes....
 

00:57 Écrit par Muffy | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |